

Le 3 février 2026, la Commission européenne a adopté un premier ensemble de méthodologies du cadre européen de certification des retraits carbone (CRCF). L’objectif : permettre, sur une base volontaire, la certification d’activités capables de retirer durablement du CO₂ de l’atmosphère, selon des règles harmonisées, vérifiables et comparables.
Parmi les premières activités concernées figure le biochar. Cette inclusion constitue un signal important : l’Europe fixe un référentiel exigeant pour renforcer la crédibilité des retraits carbone permanents.
POURQUOI CE STANDARD CHANGE LA DONNE
Jusqu’ici, les retraits carbone reposaient sur des approches parfois hétérogènes. Avec le CRCF, l’Union européenne apporte un cadre commun pour clarifier :
• ce qui relève d’un retrait (et non d’une simple réduction d’émissions),
• comment se calcule une quantification nette (en intégrant les émissions associées),
• comment sont encadrés la permanence du stockage, le suivi et la responsabilité.
En pratique, ce standard vise à limiter les approximations et à renforcer l’intégrité environnementale des retraits certifiés.
LES TROIS CATEGORIES DE RETRAITS PERMANENTS VISEES (DONT LE BIOCHAR)
Les méthodologies adoptées couvrent trois catégories d’activités de retraits permanents :
1. DACCS : captage direct du CO₂ dans l’air, puis stockage.
2. BioCCS : captage du CO₂ issu de procédés utilisant de la biomasse, puis stockage.
3. BCR – Biochar Carbon Removal : production de biochar contribuant au stockage durable du carbone, via des usages tels que l’amendement des sols ou certains matériaux.
Le fait que le biochar figure dans ce premier ensemble place la filière dans une dynamique de normalisation : mesure, durabilité et vérification deviennent des exigences structurantes.
CE QUE CELA IMPLIQUE POUR LE BIOCHAR
Le biochar repose sur une logique simple : une part du carbone biogénique contenu dans la biomasse peut être stabilisée sous forme de biochar et stockée durablement hors de l’atmosphère.
Dans un cadre plus exigeant, l’enjeu est de démontrer :
• une quantification robuste,
• une traçabilité complète,
• des conditions de durabilité,
• un suivi et une vérification adaptés.
Les méthodologies européennes apportent une structure pour organiser ces preuves, avec un bénéfice attendu : plus de lisibilité, de comparabilité et de confiance.
IMPACTS CONCRETS POUR LES ACTEURS
• Industriels : un référentiel plus clair pour compléter les trajectoires « net-zero » (en parallèle de la réduction d’émissions).
• Collectivités / acteurs déchets : une lecture commune pour valoriser des flux locaux dans une logique de circularité.
• Investisseurs : des règles plus homogènes et un risque réputationnel réduit.
CE QUE CELA SIGNIFIE POUR MINI GREEN POWER
Mini Green Power conçoit et installe des mini centrales vertes modulaires, autonomes et pilotables à distance, capables de transformer localement des déchets solides (biomasse, CSR selon projets) en énergie bas carbone (chaleur, vapeur, électricité) et, selon les configurations, de produire du biochar.
Dans ce contexte, la décision européenne apporte :
• un cadre plus lisible pour qualifier les retraits permanents (dont le biochar),
• un langage commun pour les parties prenantes (quantification, durabilité, vérification, responsabilité),
• une incitation à structurer la documentation et la traçabilité en vue d’audits via des schémas reconnus.
ET ENSUITE ?
Après l’adoption par la Commission, le règlement délégué suit la phase de contrôle par le Parlement européen et le Conseil. En l’absence d’objection, il est publié au Journal officiel puis entre en vigueur. Les schémas de certification pourront ensuite demander leur reconnaissance pour appliquer les méthodologies.
Ce standard volontaire européen constitue une étape structurante pour crédibiliser les retraits carbone permanents. Pour le biochar, il fixe des exigences claires et renforce les conditions d’une mise à l’échelle plus robuste.